La maintenance industrielle regroupe toutes les actions techniques, administratives et de management qui gardent une machine en état de produire, ou l’y remettent, de sa mise en service à sa mise au rebut. Elle intervient avant la panne, ou après.
C’est, dit simplement, la définition de la norme européenne NF EN 13306, la référence du vocabulaire de la maintenance. Wikipédia cite son édition de 2001 : « ensemble de toutes les actions techniques, administratives et de management durant le cycle de vie d’un bien », pour le maintenir ou le rétablir dans un état où il peut accomplir sa fonction. L’édition en vigueur date de novembre 2017.
Cette page pose les bases. Les guides de la rubrique reprennent chaque point en détail, avec un exemple suivi d’un bout à l’autre : un atelier fictif de 17 équipements, qui fait du débit, du soudage, du pliage et de l’expédition.
Les types de maintenance : avant ou après la panne
Toute intervention se range dans l’une de deux familles. La maintenance corrective intervient après la défaillance. La maintenance préventive intervient avant, pour en réduire la probabilité.
| Famille | Type | Ce qui déclenche l’intervention |
|---|---|---|
| Corrective | palliative | la panne : on dépanne provisoirement |
| Corrective | curative | la panne : on répare durablement |
| Préventive | systématique | une date ou un compteur, sans contrôle préalable |
| Préventive | conditionnelle | une mesure qui franchit un seuil |
| Préventive | prévisionnelle, ou prédictive | la tendance des mesures, qui annonce la date de la panne |
Aucun type n’est meilleur dans l’absolu. Le bon dépend, machine par machine, de ce que coûte la panne et de la possibilité de la voir venir. Notre guide sur les différents types de maintenance, et laquelle choisir pour chaque machine les définit un par un, sources à l’appui, puis les applique aux 17 équipements de l’atelier, classés par criticité.
Les types ne disent pas qui intervient. C’est le rôle des niveaux de maintenance. D’après Wikipédia, la norme NF X60-000 d’avril 2016 en décrit cinq, à titre indicatif : des actions simples nécessaires à l’exploitation (niveau 1) jusqu’aux opérations qui demandent un savoir-faire et des moyens industriels (niveau 5).
Ce que la loi impose
Le Code du travail impose de maintenir les équipements de travail en état de conformité avec les règles applicables à leur mise en service, notice d’instructions comprise (article R4322-1). Pour les équipements fixés par arrêté, il impose aussi des vérifications générales périodiques, « afin que soit décelée en temps utile toute détérioration susceptible de créer des dangers » (article R4323-23).
Ces textes fixent un résultat, pas une méthode. Le choix des types de maintenance, de l’organisation et des outils vous revient.
La sécurité : le dépannage, moment à risque
Selon l’INRS, les personnels de maintenance représentaient 874 000 salariés en France métropolitaine sur la période 2017-2019. L’institut note que les interventions de maintenance corrective, et notamment les dépannages, sont les plus accidentogènes.
C’est une raison de plus pour faire passer une partie du correctif en préventif. Une intervention planifiée se prépare : pièces prêtes, procédure écrite, machine consignée. La consignation est, pour l’INRS, une procédure de mise en sécurité qui protège les personnes contre toute remise en énergie intempestive pendant l’intervention.
Garder une trace : le compte rendu d’intervention
Chaque intervention devrait laisser une trace écrite : la machine, le symptôme, la cause, les travaux, les pièces, le temps passé et l’arrêt de la production. Pour les appareils de levage, c’est une obligation. Leur carnet de maintenance indique, pour chaque opération, la date, les personnes et entreprises qui l’ont faite, sa nature, sa périodicité si elle est périodique et les références des éléments remplacés (arrêté du 2 mars 2004, article 3).
Pour toutes les machines, c’est ce document qui nourrit le registre et les indicateurs. Le guide pour rédiger un compte rendu de maintenance qui sert détaille ses rubriques et les erreurs qui le rendent inutile, avec un exemple rempli et un modèle à imprimer offert.
Organiser : du tableur à la GMAO
Un registre sur tableur suffit pour démarrer : une ligne par intervention, et le préventif avec ses échéances. Quand les interventions se multiplient et que plusieurs personnes saisissent, une GMAO (gestion de la maintenance assistée par ordinateur) prend le relais. Elle réunit le parc, les demandes d’intervention, les ordres de travail, le préventif, les pièces et les indicateurs.
Notre guide GMAO : à quoi ça sert et à partir de quand il vous en faut une mesure ce besoin sur huit critères, avec les prix relevés, ce que la loi impose vraiment et un fichier de diagnostic offert.
Mesurer : MTBF, MTTR et heures d’arrêt
Deux indicateurs reviennent partout. Le MTBF (mean time between failures) est le temps moyen de fonctionnement entre deux pannes d’un équipement réparable : c’est une mesure de fiabilité. Le MTTR (mean time to repair) est le temps moyen de réparation, soit le temps total de maintenance corrective divisé par le nombre d’interventions correctives : il mesure la facilité à remettre la machine en route.
S’y ajoutent les heures d’arrêt par machine, la part du correctif et le coût de la maintenance. Dans l’atelier fictif de nos guides, 143 des 197 interventions de l’année sont correctives, et elles font plus de 95 % des 281 heures d’arrêt. Un guide de la rubrique est consacré aux indicateurs de maintenance.
Et la TPM ?
La TPM (total productive maintenance) n’est pas un type de maintenance, mais une démarche d’entreprise, née au Japon au début des années 1970. Wikipédia la décrit comme une évolution des méthodes de maintenance préventive, qui vise à accroître le rendement global des installations et à améliorer la qualité et la sécurité. Elle s’appuie sur un personnel « impliqué, compétent et autonome ».
L’INRS décrit de son côté la maintenance de premier niveau, confiée aux personnels de production : des réglages simples prévus par le constructeur, « sans démontage ou ouverture de l’équipement ». On l’appelle aussi automaintenance.
La rubrique en vidéo
La chaîne YouTube Pro Industrie, liée à ce site, consacre une série de vidéos à la maintenance. Chacune a sa page dans cette rubrique, avec son fichier quand il y en a un.
Toutes les pages : maintenance
Compte rendu de maintenance : les rubriques qui servent, un exemple rempli et le modèle offert
Rédiger un compte rendu de maintenance qui sert : les rubriques une à une, les six erreurs qui le rendent inutile, un exemple rempli et le modèle Excel offert.
Les différents types de maintenance industrielle, et laquelle choisir pour chaque machine
Corrective, préventive, conditionnelle, prédictive : les types de maintenance définis sur sources, et comment choisir pour chaque machine selon sa criticité.
GMAO : c'est quoi, à quoi ça sert, et à partir de quand il vous en faut une
GMAO : définition, fonctions, prix, obligations légales et huit critères pour savoir s'il vous en faut une, avec un atelier de 17 machines et le fichier offert.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la maintenance industrielle ?
C'est l'ensemble des actions techniques, administratives et de management qui maintiennent une machine en état d'accomplir sa fonction, ou l'y remettent, tout au long de sa vie. C'est la définition de la norme européenne NF EN 13306, citée par Wikipédia. Elle intervient avant la panne (préventive) ou après (corrective).
Quels sont les différents types de maintenance ?
La maintenance corrective, après la panne, est palliative (dépannage provisoire) ou curative (réparation durable). La maintenance préventive, avant la panne, est systématique (à intervalle fixe), conditionnelle (quand une mesure franchit un seuil) ou prévisionnelle, aussi appelée prédictive (quand la tendance des mesures annonce la panne).
La maintenance des machines est-elle obligatoire ?
Oui. Le Code du travail impose de maintenir les équipements de travail en état de conformité, y compris au regard de leur notice d'instructions (article R4322-1), et de faire les vérifications générales périodiques fixées par arrêté pour certains équipements (article R4323-23). Il fixe un résultat, pas une méthode ni un logiciel.
Quelle est la différence entre MTBF et MTTR ?
Le MTBF (mean time between failures) est le temps moyen de fonctionnement entre deux pannes : plus il est long, moins la machine tombe en panne. Le MTTR (mean time to repair) est le temps moyen de réparation : plus il est court, plus la machine repart vite. Les deux se calculent à partir des comptes rendus d'intervention.
Qu'est-ce que la TPM en maintenance ?
La TPM, ou total productive maintenance, est une démarche née au Japon au début des années 1970. Wikipédia la décrit comme une évolution des méthodes de maintenance préventive, qui vise à accroître le rendement global des installations et à améliorer la qualité et la sécurité. Ce n'est pas un type de maintenance.
Sources
Données de l'atelier cité en exemple : fictives, construites pour l'illustration. Les normes NF EN 13306 et NF X60-000 sont payantes : nous ne les avons pas lues, et nous citons leur fiche AFNOR et les pages publiques qui les reprennent.
- Article « Maintenance », Wikipédia en françaisdéfinition de la NF EN 13306 (édition de 2001), types de maintenance, cinq niveaux d'après la NF X60-000 d'avril 2016, « à titre indicatif » ; lu le 03/11/2026
- AFNOR, fiche de la norme NF EN 13306 « Maintenance - Terminologie de la maintenance »édition de novembre 2017 en vigueur, qui remplace celle d'octobre 2010 ; lu le 03/11/2026
- AFNOR, fiche de la norme NF X60-000 « Maintenance industrielle - Fonction maintenance »édition d'avril 2016 en vigueur ; lu le 03/11/2026
- INRS, dossier Maintenance, « Ce qu'il faut retenir »874 000 salariés de maintenance en France métropolitaine sur 2017-2019 ; maintenance corrective et dépannages, les interventions les plus accidentogènes ; page mise à jour le 25/10/2023, lue le 03/11/2026
- INRS, dossier Maintenance, « Définitions »maintenance de premier niveau, ou automaintenance, confiée aux personnels de production ; lu le 03/11/2026
- INRS, brochure ED 6109 « Consignations et déconsignations », 3e édition, octobre 2020définition de la consignation ; lu le 03/11/2026
- Code du travail, article R4322-1 (Code du travail numérique)maintien des équipements de travail en état de conformité, notice d'instructions comprise ; lu le 03/11/2026
- Code du travail, article R4323-23 (Code du travail numérique)vérifications générales périodiques fixées par arrêté ; lu le 03/11/2026
- Arrêté du 2 mars 2004, article 3 (texte reproduit par l'OPPBTP)mentions du carnet de maintenance des appareils de levage pour chaque opération ; lu le 03/11/2026
- Article « Temps moyen entre pannes », Wikipédia en françaisMTBF, moyenne des temps de fonctionnement entre les pannes d'un système réparable ; lu le 03/11/2026
- Article « Mean time to repair », Wikipédia en anglaisMTTR, temps total de maintenance corrective divisé par le nombre d'actions correctives, mesure de la maintenabilité ; lu le 03/11/2026
- Article « Total productive maintenance », Wikipédia en françaisdémarche née au Japon en 1971 (ou 1974 selon un autre passage de l'article), évolution de la maintenance préventive ; lu le 03/11/2026